Denise Mukendi Dusauchoy a été extradée de Tanzanie vers la République démocratique du Congo, devenant ainsi, selon les informations disponibles, la deuxième personnalité congolaise connue à être remise aux autorités de Kinshasa par Dar es-Salaam après le général John Tshibangu.
Son extradition intervient dans un contexte où ses activités sur les réseaux sociaux et certaines de ses publications en ligne sont au centre de l’attention des autorités congolaises. Denise Mukendi Dusauchoy pourrait notamment être poursuivie pour des faits présumés de diffamation et d’incitation à la haine tribale, sous réserve des qualifications retenues par la justice congolaise.
Ses vidéos diffusées sur les plateformes numériques, dans lesquelles elle s’en prenait notamment à certains dirigeants, auraient été considérées par les autorités comme susceptibles de constituer une menace à l’ordre public. Les circonstances précises de son arrestation, de son extradition ainsi que les charges formellement retenues contre elle devront toutefois être établies par les autorités judiciaires compétentes.
Le précédent de John Tshibangu remonte à une autre période et relève d’un registre sensiblement différent. L’ancien officier congolais avait été extradé de Tanzanie vers la RDC alors qu’il était accusé par les autorités congolaises de préparer une insurrection armée et de vouloir mettre en place une rébellion militaire contre l’État.
Les deux dossiers présentent ainsi des différences importantes. Celui de Denise Mukendi Dusauchoy relève principalement de la communication numérique, de l’expression publique et des poursuites judiciaires envisagées, tandis que celui de John Tshibangu était lié à des accusations à caractère militaire et sécuritaire.
Malgré ces différences, les deux affaires illustrent la coopération sécuritaire et judiciaire entre la Tanzanie et la RDC. Dans les deux cas, Dar es-Salaam a procédé à la remise aux autorités congolaises de personnes considérées par Kinshasa comme susceptibles de représenter une menace ou d’être impliquées dans des activités jugées subversives.
L’affaire Denise Mukendi Dusauchoy devrait désormais connaître une nouvelle étape devant les juridictions congolaises. Son éventuelle mise en accusation permettra de préciser les faits qui lui sont reprochés, les preuves retenues contre elle ainsi que les suites judiciaires qui pourraient en découler.
