20 août 2026
Av P.E. Lumumba
Santé

Kalehe : l’eau potable au cœur des inquiétudes face à la multiplication des diarrhées à Ishovu

Dans l’aire de santé d’Ishovu, en zone de santé de Kalehe, la multiplication des cas de diarrhée sévère préoccupe les responsables sanitaires. Depuis plusieurs semaines, le centre de santé fait face à une augmentation de patients présentant des diarrhées accompagnées, dans plusieurs cas, d’une déshydratation sévère.

Selon Emmanuel Ngaboyeka, infirmier titulaire au centre de santé d’Ishovu, les manifestations cliniques observées rappellent celles du choléra. Toutefois, aucune confirmation officielle d’un cas de choléra ou d’une épidémie n’a, à ce stade, été communiquée.

« Les signes qui sont là sont purement et simplement semblables aux signes du choléra », indique-t-il, tout en rappelant que la déclaration d’une éventuelle épidémie relève des autorités sanitaires compétentes.

Les données recueillies au niveau local montrent que les cas de diarrhée sont enregistrés de manière continue depuis la semaine épidémiologique 28. Entre les semaines 30 et 33, le centre de santé a rapporté une moyenne de 16 à 17 cas par semaine.

L’accès à l’eau potable, une préoccupation majeure

Pour les responsables sanitaires locaux, la situation pourrait notamment être liée aux difficultés d’accès à une eau potable dans la communauté. L’aire de santé d’Ishovu compte près de 9 738 habitants, dont une partie s’approvisionne auprès de sources qui ne garantissent pas toujours une eau répondant aux normes sanitaires.

Le déficit en infrastructures d’assainissement constitue également une autre source d’inquiétude. Dans certains ménages, les latrines sont insuffisantes ou en mauvais état, tandis que la défécation à l’air libre contribue à la contamination de l’environnement et peut favoriser la propagation des maladies hydriques.

Des solutions locales déjà identifiées

Face à cette situation, les responsables du centre de santé, les relais communautaires ainsi que les cadres locaux ont engagé des réflexions autour des mesures à prendre pour limiter la propagation des maladies diarrhéiques.

Parmi les priorités figure l’amélioration de l’accès à l’eau potable, notamment à travers la construction et la réhabilitation des sources. Emmanuel Ngaboyeka évoque notamment l’expérience positive d’un forage réalisé avec l’appui de Tearfund, qui avait permis, selon lui, de réduire sensiblement les maladies diarrhéiques dans la communauté.

Les acteurs sanitaires appellent également les autorités administratives et sanitaires à renforcer le suivi des ménages qui ne disposent pas de latrines adéquates ou dont les installations sanitaires sont fortement dégradées.

Ils sollicitent enfin l’appui des organisations humanitaires et des partenaires du secteur de la santé afin de renforcer les infrastructures d’eau et d’assainissement et de prévenir une éventuelle aggravation de la situation.

Dans une zone où l’accès à l’eau potable demeure un défi, les acteurs locaux estiment que des interventions rapides pourraient contribuer à freiner la progression des maladies diarrhéiques et à éviter une crise sanitaire plus importante.

Jean Bujenje

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