À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août, le Réseau des Médias en Ligne dans la région des Grands Lacs (REMEL-GL) appelle les professionnels des médias du Sud-Kivu à renforcer leur rôle dans la diffusion d’une information humanitaire fiable et centrée sur les besoins des populations.
Dans une province marquée par les déplacements de populations, l’insécurité, les épidémies et la multiplication des besoins humanitaires, le réseau estime que les médias ont un rôle essentiel à jouer pour rapprocher les communautés affectées des acteurs chargés de leur apporter assistance.
Pour le REMEL-GL, le journalisme humanitaire ne devrait pas se limiter à couvrir les distributions de vivres, les campagnes de santé ou les activités des organisations. Il doit surtout permettre de donner une visibilité aux réalités vécues par les populations déplacées, retournées et les communautés d’accueil.
Le réseau encourage ainsi les journalistes à davantage s’intéresser aux besoins qui restent sans réponse, notamment l’accès à l’eau potable, aux soins de santé, à la nourriture, aux abris et à la protection. Les médias peuvent également servir de relais aux préoccupations des communautés auprès des autorités et des organisations humanitaires.
Informer sans alimenter les tensions
Dans les contextes de crise, le REMEL-GL insiste également sur la responsabilité des professionnels des médias. Une information non vérifiée concernant une distribution, un programme d’assistance ou une accusation contre une organisation peut rapidement alimenter les rumeurs et les tensions au sein des communautés.
Le réseau appelle donc les journalistes à recouper les informations, confronter les différentes versions, donner la possibilité aux personnes ou structures mises en cause de répondre et protéger les personnes vulnérables lors de la collecte et de la diffusion des témoignages.
Cette rigueur doit permettre aux médias de jouer pleinement leur rôle de contrôle et d’information, tout en préservant leur indépendance éditoriale.
Les humanitaires appelés à mieux communiquer
Le REMEL-GL invite également les organisations humanitaires à renforcer leur collaboration avec les médias locaux. Selon le réseau, l’accès aux informations officielles sur les programmes, les critères de sélection des bénéficiaires, les services disponibles et les résultats des interventions permettrait aux journalistes de mieux expliquer l’aide aux communautés.
Il encourage notamment les organisations à mettre en place des points de contact capables de répondre aux demandes des médias et de fournir régulièrement des informations sur les services disponibles dans les secteurs de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’hygiène, de la protection et de l’assistance alimentaire.
Le réseau estime enfin que le renforcement des capacités des journalistes reste nécessaire, particulièrement dans les domaines des principes humanitaires, de la protection des populations, de la sensibilité aux conflits, de la lutte contre la désinformation et de l’éthique dans le traitement des témoignages.
Pour le REMEL-GL, une meilleure collaboration entre médias, communautés et acteurs humanitaires peut contribuer à améliorer la circulation de l’information, réduire les rumeurs et faire davantage entendre la voix des populations affectées.
