25 avril 2026
Av P.E. Lumumba
Actualités Sécurité

Cessez-le-feu dans l’Est de la RDC : James Swan détaille les exigences de mise en œuvre

Rendre un cessez-le-feu réellement effectif dans l’Est de la RDC ne relève pas seulement d’un engagement politique : c’est un exercice de confiance, de discipline et de mécanismes concrets sur le terrain. À Goma, James Swan a rappelé que sans garanties techniques et sécuritaires, toute trêve reste fragile.

Au cœur des exigences formulées par la MONUSCO, figure d’abord la fin des pratiques qui perturbent la transparence militaire. L’usage de drones offensifs, le brouillage ou la manipulation des signaux GPS compromettent directement les opérations de vérification. Tant que ces outils sont utilisés à des fins hostiles, il devient difficile d’établir une lecture fiable de la situation sur le terrain.

Autre condition incontournable : la liberté totale de mouvement. Les équipes de la mission onusienne doivent pouvoir circuler sans entrave, accéder aux zones sensibles et déployer leurs moyens logistiques en toute sécurité. Cette mobilité est essentielle pour documenter les violations éventuelles et rassurer les populations civiles.

La question de l’espace aérien et des infrastructures, notamment les aéroports, s’inscrit également dans cette logique. Un accès sécurisé permet non seulement le déploiement rapide des observateurs, mais aussi le soutien humanitaire dans des zones souvent enclavées.

Dans ce dispositif, le rôle du mécanisme régional soutenu par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs est central. À travers l’EJVM+, il offre un cadre technique pour vérifier, documenter et rapporter les incidents liés au cessez-le-feu. Ce système vise à transformer les engagements politiques en actions mesurables.

L’accord obtenu à Doha, sous médiation qatarie, entre Kinshasa et l’AFC/M23 constitue ainsi une base structurante. Mais sur le terrain, sa réussite dépendra avant tout de la volonté réelle des parties à coopérer, à respecter les règles établies et à privilégier la désescalade.

En toile de fond, la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies confère à la mission onusienne un mandat clair : accompagner ce processus vers un cessez-le-feu durable. Reste que la paix, elle, ne se décrète pas  elle se construit, pas à pas, dans le respect des engagements pris.

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