11 juin 2026
Av P.E. Lumumba
Actualités Société

RDC : Les violations des droits humains en hausse de 13 % en mars 2026, selon le BCNUDH

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté une aggravation de la situation des droits humains en République démocratique du Congo au cours du mois de mars 2026. Selon son dernier rapport mensuel, 524 violations et atteintes aux droits humains ont été recensées, soit une augmentation de 13 % par rapport au mois de février, qui en avait enregistré 478.

Le BCNUDH indique que cette détérioration est principalement liée à l’intensification des combats dans l’est du pays ainsi qu’à la persistance de violations commises dans d’autres zones sous contrôle étatique. Les provinces affectées par les conflits concentrent à elles seules 83 % des cas documentés, avec 287 violations enregistrées au Nord-Kivu, 98 au Sud-Kivu, 60 en Ituri et six au Maniema.

Concernant les violences sexuelles liées aux conflits, le BCNUDH a recensé 46 cas ayant touché 70 victimes, dont 53 femmes et 17 filles. Bien que ce chiffre soit inférieur de 30 % à celui du mois précédent, où 101 victimes avaient été identifiées, l’organisation souligne que cette baisse ne traduit pas nécessairement une amélioration de la situation. Elle l’explique plutôt par les difficultés d’accès humanitaire et la dégradation du contexte sécuritaire, qui limitent la capacité à documenter les cas.

Les groupes armés demeurent les principaux responsables de ces violences sexuelles, avec 63 % des victimes enregistrées. Les acteurs étatiques sont quant à eux impliqués dans 37 % des cas, soit 26 victimes, parmi lesquelles 19 femmes et sept filles.

Le rapport met également en lumière une dégradation de l’espace civique. Au cours du mois de mars, 21 violations liées aux libertés publiques ont été documentées, contre 13 en février. Cette hausse intervient dans un contexte marqué par le renforcement des tensions sécuritaires et politiques, le contrôle accru de l’information ainsi qu’une sensibilité croissante des autorités et des groupes armés aux critiques.

Dans le cadre de la protection des défenseurs des droits humains et des journalistes, le BCNUDH a documenté huit cas individuels de menaces ou d’atteintes, attribués notamment à l’AFC/M23, à la Police nationale congolaise (PNC), aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux services de renseignements. Dix-neuf bénéficiaires, dont 17 défenseurs des droits humains et deux journalistes, ont reçu un accompagnement en matière d’autoprotection et de plaidoyer.

Sur le plan judiciaire, quatre procédures engagées contre trois militaires des FARDC et un agent de la PNC ont abouti à la condamnation de trois prévenus, tandis qu’un militaire a été acquitté.

Par ailleurs, le BCNUDH a poursuivi ses efforts de sensibilisation en organisant neuf sessions de formation à travers le pays. Ces activités ont bénéficié à 778 participants, dont 221 femmes, parmi lesquels figuraient des magistrats, des membres de la société civile, des étudiants, des défenseurs des droits humains ainsi que des agents des forces de défense et de sécurité.

Le BCNUDH estime que ces actions contribuent à renforcer la prévention des violations des droits humains en améliorant la connaissance des normes juridiques et les capacités des acteurs chargés de leur mise en œuvre.

Jackson Maliyabwana 

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