Les opérations de démolition des habitations considérées comme érigées illégalement autour du cimetière de Nyamurongo, en commune de Bunia, se sont poursuivies vendredi 26 juin après avoir débuté la veille. Les familles sinistrées, qui affirment détenir des documents fonciers délivrés par les autorités compétentes, dénoncent une mesure brutale et interpellent l’État sur ses responsabilités.
Sur place, les victimes peinent à comprendre cette décision. Elles affirment avoir acquis leurs parcelles dans le respect des procédures administratives et être en possession de fiches parcellaires délivrées par les services de l’État congolais. Certaines maisons, construites après plusieurs années d’économies, représentent des investissements estimés entre 60 000 et 80 000 dollars américains.
« Si nous avions été informés dès le départ que cette zone était interdite à la construction, jamais nous n’aurions investi autant d’argent ici », déplore un habitant, visiblement bouleversé. Selon plusieurs témoignages, les démarches d’acquisition avaient pourtant été effectuées auprès des chefs locaux et des services du cadastre, qui avaient procédé au bornage des parcelles avant le lancement des travaux.
Les sinistrés dénoncent un manque de coordination entre les différents services de l’administration publique. Ils s’interrogent sur les responsabilités des autorités qui ont autorisé ou toléré ces constructions pendant plusieurs années avant de les détruire sans avertissement préalable.

Face à la tension grandissante, le conseiller communal Georges Muno s’est rendu sur les lieux afin de s’imprégner de la situation. Il a appelé les jeunes et l’ensemble de la population concernée à faire preuve de retenue et à éviter tout acte de violence.
« Nous demandons à la population de garder son calme. Laissons les autorités compétentes examiner ce dossier afin qu’une solution rapide et équitable soit trouvée pour toutes les familles touchées », a-t-il déclaré.
En attendant une issue à cette affaire, les familles sinistrées vivent dans une grande incertitude. Beaucoup passent désormais leurs nuits à la belle étoile et espèrent une intervention urgente des autorités provinciales pour clarifier la situation foncière et réparer les préjudices subis.
Moses Mumbere
