29 juillet 2026
Av P.E. Lumumba
Actualités

Sud-Kivu : la Société civile dénonce des marches imposées et accuse l’AFC/M23 de manipulation des populations

La Société civile du Sud-Kivu a dénoncé, le 29 juillet 2026 à Uvira, ce qu’elle qualifie de manipulation de certains de ses membres par l’AFC/M23, accusé d’avoir contraint des habitants à participer à des marches, dans un contexte marqué par des violations présumées des droits humains et des violences persistantes.

« Le logo de la Société civile Forces vives du Sud-Kivu a été abusivement utilisé, et cela ne passera pas inaperçu lorsque la situation d’agression de la RDC par le Rwanda prendra fin », a déclaré la présidente du Bureau de coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu, Me Néné Bintu Iragi.

Dans une déclaration rendue publique à Uvira, la Société civile affirme que plusieurs habitants de Bukavu, Kamanyola, Kalehe, Idjwi, Kabare et Walungu auraient été contraints par les autorités de l’AFC/M23 à prendre part à des manifestations présentées comme des marches pour la paix, le dialogue inclusif et le refus du changement de la Constitution.

Selon cette organisation citoyenne, les participants n’auraient pas manifesté de leur plein gré mais sous la menace de sanctions, notamment des arrestations ou la fermeture de commerces. Elle soutient également que des jetons de participation et des calicots contenant des messages préparés à l’avance auraient été distribués afin d’encadrer ces manifestations.

La Société civile affirme en outre qu’une dizaine de jeunes auraient été arrêtés à Minova, dans le territoire de Kalehe, après avoir refusé de participer à ces rassemblements. Elle réclame leur libération immédiate et appelle l’AFC/M23 à mettre fin à toute forme de pression ou de manipulation visant les acteurs de la société civile.

Le communiqué évoque également plusieurs incidents sécuritaires récents. Il cite notamment l’explosion d’une grenade survenue le 28 juillet 2026 près du marché Bondeko à Bukavu, qui aurait fait deux morts et trois blessés, ainsi qu’une attaque présumée contre des passagers à bord du bateau La Manne du Ciel sur le lac Kivu. La Société civile attribue ces faits à des éléments de l’AFC/M23 et dénonce d’autres exactions présumées, notamment des extorsions visant des entreprises de gardiennage.

Réaffirmant son soutien à un dialogue inclusif pour une paix durable en République démocratique du Congo, la Société civile estime toutefois qu’aucun processus de paix ne pourra être crédible sans vérité, justice et réparation pour les victimes. Elle insiste sur le fait que les auteurs présumés de graves violations des droits humains ne devraient pas bénéficier d’une quelconque impunité.

En rappel, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu connaissent une dégradation persistante de la situation sécuritaire depuis la résurgence de la rébellion du M23 à partir de novembre 2021, puis son extension vers le Sud-Kivu en 2025. Depuis lors, les organisations de défense des droits humains et les acteurs de la société civile dénoncent régulièrement des déplacements massifs de populations, des violations présumées des droits humains et une crise humanitaire qui continue d’affecter des centaines de milliers de civils.

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