Des organisations de la société civile engagées dans la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique dénoncent la nature d’une partie de l’assistance apportée aux victimes des incendies survenus à Makana, dans le secteur des Wanianga, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Dans une déclaration publiée le 15 septembre 2026 à Kinshasa, ces organisations saluent la solidarité manifestée envers les populations touchées par les deux incendies, qui ont détruit de nombreuses habitations, des commerces ainsi que plusieurs biens des habitants.
Elles contestent cependant la remise, le 14 septembre, de 1 000 tôles et d’une tronçonneuse aux sinistrés par l’autorité du secteur des Wanianga. Selon ces organisations, la tronçonneuse aurait été destinée à faciliter la coupe du bois nécessaire à la reconstruction des habitations détruites.
Pour les signataires de la déclaration, cette décision présente des risques pour le couvert forestier dans une zone où la pression sur les ressources naturelles est déjà importante.
« Remettre une tronçonneuse sans aucun mécanisme de contrôle, sans traçabilité, sans identification des zones autorisées ni inventaire des essences équivaut à inciter directement à l’abattage anarchique et à la destruction irrémédiable du couvert forestier », dénoncent-ils.
Les organisations mettent ainsi en cause la responsabilité du chef de secteur des Wanianga et demandent le retrait immédiat ou la mise sous scellés de la tronçonneuse distribuée aux sinistrés.
Elles recommandent plutôt que l’assistance soit orientée vers la fourniture directe de matériaux de construction durables, notamment ceux provenant de filières de bois légales et certifiées.
La société civile demande également la mise en place d’un cadre légal et communautaire permettant d’éviter tout abattage informel ou incontrôlé, particulièrement dans les zones considérées comme écologiquement sensibles.
Elle préconise, en outre, l’implication obligatoire des services techniques de l’Environnement et des structures communautaires dans toute réponse humanitaire nécessitant la gestion ou l’utilisation des ressources naturelles.
Les organisations estiment par ailleurs que l’administration du secteur des Wanianga devrait initier un programme de reboisement et de restauration des écosystèmes forestiers affectés dans la zone de Makana.
Elles rappellent que la République démocratique du Congo se présente sur la scène internationale comme un « Pays Solution » dans la lutte contre le changement climatique et la protection du bassin du Congo.
Pour ces organisations, cet engagement ne devrait pas rester un slogan diplomatique, mais se traduire également par des mesures concrètes au niveau local.
Elles soulignent enfin que l’assistance aux populations victimes des incendies doit permettre leur relèvement sans contribuer à une pression supplémentaire sur les ressources forestières. L’enjeu, selon elles, est de concilier la reconstruction des communautés sinistrées avec la préservation des écosystèmes de Walikale.
