Les acteurs de la société civile de Bunyakiri dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, alertent sur un important incendie qui ravage depuis plusieurs jours une partie du Parc national de Kahuzi-Biega, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils accusent des individus mal intentionnés d’avoir volontairement déclenché ce sinistre, qui menace gravement la biodiversité, la faune et l’équilibre écologique de cette réserve naturelle.
Selon les responsables de cette structure citoyenne, des individus mal intentionnés auraient volontairement provoqué cet incendie, profitant du contexte sécuritaire instable qui prévaut dans la région.
Après avoir reçu des témoignages de plusieurs voyageurs en provenance de Bukavu, la société civile MSCO a dépêché une équipe sur le terrain afin de vérifier les informations. Les constats effectués sont jugés alarmants.
« Nous avons constaté que le feu progresse par couches successives à travers le parc. Les flammes montent de toutes parts, détruisant les arbres et les herbes sur leur passage. Ce sinistre est en train de causer des dégâts irréversibles à l’écosystème et à la riche biodiversité qui font la valeur de ce patrimoine mondial », a déclaré M. Safari Enakashesha Joseph, représentant de la société civile de MSCO Kalehe.
De son côté, le président de la société civile Forces vives de Bitale, M. Alpha Nyamurasa, confirme l’ampleur des dégâts. Selon lui, les auteurs présumés seraient des braconniers qui auraient volontairement incendié la végétation dans le secteur de Bitale afin de faciliter leurs activités de chasse.
« Plus de trois kilomètres de végétation sont déjà partis en fumée », a-t-il affirmé.
La société civile condamne fermement ces actes qu’elle qualifie de vandalisme contre un bien commun essentiel à la survie des populations.
« Ce parc régule notre climat, nous procure de l’air pur, protège nos sources d’eau et constitue un espace d’apprentissage indispensable, notamment pour les communautés autochtones. Détruire le parc, c’est détruire notre environnement et compromettre l’avenir des générations futures », a insisté la société civile.
Les acteurs citoyens dénoncent également le fait que certains individus profitent du contexte de guerre et d’instabilité sécuritaire pour s’attaquer à cette réserve naturelle à des fins personnelles.
Face à cette situation, ils appellent les responsables du Parc national de Kahuzi-Biega à renforcer les actions de sensibilisation et les mécanismes de protection de cette aire protégée. Ils exhortent aussi la population à prendre conscience des conséquences environnementales de tels actes.
Selon les mêmes sources, l’incendie se propage depuis maintenant trois jours et le risque d’extension demeure élevé en raison de la saison sèche actuellement en cours, faisant craindre des dégâts encore plus importants sur la biodiversité et la faune sauvage du parc.
Par Amos Wetekayi Pacifique, correspondant rural basé à Bunyakiri
