Kinshasa a été le théâtre de vives tensions ce vendredi 12 juin lors d’un sit-in organisé par l’opposition congolaise pour dénoncer le projet de révision de la Constitution. L’initiative, portée par la Coalition Article 64 (C64), a été perturbée par des affrontements entre militants de l’opposition et forces de l’ordre, entraînant plusieurs blessés.
Les manifestants avaient prévu de se rassembler devant le Palais du Peuple afin d’exprimer leur rejet de toute modification de l’article 220 de la Constitution, considéré comme un verrou contre un éventuel troisième mandat présidentiel. Cependant, les autorités provinciales avaient interdit l’accès aux abords du Parlement la veille de la manifestation, déployant un important dispositif sécuritaire sur les principaux axes menant au site.
Dès la matinée, des tensions ont été signalées près des sièges de certains partis de l’opposition. Des échanges de projectiles ont notamment opposé des militants à des groupes présentés par plusieurs témoins comme proches de la Force du progrès, mouvement associé à l’UDPS, parti au pouvoir.
Malgré ces incidents, plusieurs leaders de l’opposition, dont Martin Fayulu et Delly Sesanga, ont maintenu leur appel à la mobilisation. Réunis au quartier général de l’ECiDé, ils ont tenté de marcher vers le Palais du Peuple avant d’être stoppés par les forces de sécurité.
La situation a rapidement dégénéré lorsque les manifestants se sont rapprochés du périmètre interdit. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la foule, provoquant des mouvements de panique et des affrontements. Martin Fayulu, présent sur les lieux, a été légèrement blessé au cours des échauffourées.
Dans une déclaration à la presse, l’opposant a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression brutale » contre une manifestation qu’il affirme pacifique. Il a également évoqué un bilan provisoire faisant état de plusieurs blessés et de pertes en vies humaines, des informations qui n’avaient pas encore été officiellement confirmées par les autorités au moment de la rédaction de cet article.
Cette mobilisation intervient dans un contexte politique marqué par les débats autour de la réforme constitutionnelle, un sujet qui continue de diviser la classe politique et une partie de l’opinion publique en République démocratique du Congo.
