La Fondation Panzi, avec l’appui de Stichting, offre depuis cette semaine des soins médicaux gratuits aux déplacés de guerre et familles d’accueil de Kasunyu, dans la zone de santé de Minova, afin de soulager les populations affectées par les conflits armés, durant une mission de huit jours.
« Nous sommes venus pour la prise en charge des patients avec la Fondation Panzi, appuyée par Stichting. C’est la clinique mobile. Nous sommes dans un contexte de guerre, avec une population en souffrance et en détresse. Nous soignons gratuitement à la Fondation Panzi des pathologies gynécologiques complexes, entre autres les prolapsus et les fistules », a déclaré le docteur Chikuru Bikobanga Desamos, médecin responsable de la mission.
À Kasunyu, l’affluence observée autour de cette clinique mobile traduit l’ampleur des besoins sanitaires des populations affectées par la guerre. Faute de moyens financiers et d’accès aux structures médicales conventionnelles, de nombreux déplacés ainsi que des habitants de la zone se tournent vers cette assistance médicale gratuite.
L’intervention cible particulièrement les personnes vulnérables, notamment les femmes souffrant de pathologies gynécologiques sévères, les survivantes de violences sexuelles et les victimes de violences basées sur le genre. Les consultations, traitements et interventions chirurgicales sont assurés sans frais pour les bénéficiaires.
Pour plusieurs patients, cette présence médicale représente un véritable soulagement. Des femmes opérées avec succès témoignent de l’amélioration de leur état de santé grâce à cette prise en charge.
« Je dis grand merci au Dr Mukwege car il m’a soignée et j’ai guéri. Nous recevons les médicaments gratuitement, mais nous manquons cruellement de nourriture pour accompagner ces traitements. Nous ne vivons pratiquement que de médicaments », a confié une bénéficiaire récemment opérée d’un prolapsus utérin.
Si les soins apportent de l’espoir, la question alimentaire demeure préoccupante. Les patients et leurs familles indiquent que le manque de nourriture compromet souvent le processus de rétablissement, dans une région où les déplacements massifs de population ont aggravé l’insécurité alimentaire.
Au-delà des soins médicaux, cette mission porte également un message de solidarité du Prix Nobel de la paix, le Professeur Denis Mukwege, dont les équipes poursuivent les actions de soutien aux communautés affectées par les violences dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les activités de la clinique mobile se poursuivront pendant huit jours à Kasunyu avant leur déploiement dans l’aire de santé de Cheya, où les besoins humanitaires demeurent importants.
Cette intervention intervient alors que plusieurs villages de la zone de santé de Minova continuent d’accueillir des vagues de déplacés fuyant les affrontements armés. Depuis plusieurs mois, les organisations humanitaires alertent sur la détérioration des conditions de vie dans cette partie du Sud-Kivu, marquée par un accès limité aux soins de santé, à l’alimentation et aux services de base.
Faustin Balezi
