Le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, fait face à une recrudescence d’activités illicites dans sa partie située sur l’axe Kalonge, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Selon des acteurs environnementaux de la région contactés ce jeudi 23juillet, l’exploitation clandestine du bois s’intensifie, favorisée par le contexte sécuritaire actuel.
D’après Muzaliwa Kateramuko, agent chargé de l’environnement à Bunyakiri, le parc est devenu un refuge pour des exploitants illégaux qui y produisent du charbon de bois (makala) et y scient des planches sans aucune autorisation des services compétents.
« Aujourd’hui, dans le parc, on produit du charbon de bois et on y scie des planches sans aucune autorisation de l’État. Il s’agit d’une exploitation abusive et totalement illicite », affirme-t-il.
Selon lui, plusieurs exploitants qui exerçaient auparavant dans les zones de Bitale, dans le secteur de Buloho, se sont déplacés vers l’intérieur du parc afin d’échapper aux contrôles administratifs.
« Là-bas, personne ne demande de permis de coupe de bois ni de permis de carbonisation. On y retrouve des Wazalendo, des FARDC ou encore le M23. Certains arrangements se font de manière informelle, permettant aux exploitants d’abattre les arbres en échange de contreparties », explique-t-il.
Les produits issus de cette exploitation, notamment le charbon de bois et les planches, sont ensuite acheminés vers Bukavu où ils sont commercialisés sans documents officiels, dénonce la même source.
Muzaliwa Kateramuko estime que cette exploitation clandestine constitue une conséquence directe de la dégradation de la situation sécuritaire dans la région, qui complique le contrôle des aires protégées par les autorités compétentes.
Par ailleurs, il indique que les services de l’environnement ont déjà alerté les autorités sur cette situation.
« Concernant le dossier du Parc national de Kahuzi-Biega, nous avons déjà transmis notre rapport. L’inspecteur de l’environnement est venu depuis Uvira et nous a réunis le mois passé. Nous lui avons présenté toute la situation, ainsi qu’à l’Administrateur du territoire. À notre niveau, nous avons fait ce qui devait être fait », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle alerte sur l’exploitation illégale des ressources forestières intervient quelques jours seulement après que la direction du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) a dénoncé l’abattage d’un gorille de Grauer, une espèce endémique de l’est de la République démocratique du Congo et gravement menacée d’extinction. Une situation qui illustre les multiples pressions auxquelles est confronté le parc, entre insécurité, exploitation clandestine des ressources naturelles et atteintes à la faune protégée.
Jackson Maliyabwana
