Les peuples autochtones pygmées en République démocratique du Congo vivent encore dans une situation précaire, marquée notamment par l’insécurité, les déplacements forcés et un accès limité aux services sociaux de base. Le constat est dressé ce lundi par Woman Actress of Peace in the World (WAP-WORLD), à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones célébrée le 9 août.
À Beni, l’organisation appelle les autorités congolaises à faire passer les droits des peuples autochtones des textes à la réalité. Son coordonnateur, Guershom Achu-Ukani, déplore les difficultés auxquelles restent confrontées plusieurs communautés.
« Les peuples autochtones et principalement les communautés pygmées vivent une situation très précaire. Ils sont confrontés à des déplacements forcés à cause de l’insécurité, à la perte d’accès à la forêt et beaucoup vivent dans des situations de pauvreté sans avoir accès à l’éducation ni à la santé », a déclaré Guershom Achu-Ukani.
À cette précarité s’ajoute une faible participation des peuples autochtones aux instances de décision. Une situation qui, selon WAP-WORLD, constitue un frein au respect effectif de leurs droits fondamentaux.
L’organisation relève toutefois certaines initiatives positives, notamment celles visant à préserver les langues autochtones menacées de disparition.
« Nous saluons les efforts de résilience de certaines communautés qui ont pris l’initiative de documenter leur langue à travers des actions ou des projets de revitalisation linguistique. Nous estimons que c’est déjà un pas qui conduira à la protection de ces langues qui sont à risque de disparition », souligne le coordonnateur de WAP-WORLD.
Face à ces défis, WAP-WORLD appelle le gouvernement congolais à renforcer l’application de la loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones pygmées en RDC.
« Nous appelons donc le gouvernement congolais à multiplier ses efforts pour l’application effective de la loi portant sur la promotion et la protection des peuples autochtones pygmées en République démocratique du Congo », insiste Guershom Achu-Ukani.
L’organisation plaide également pour une meilleure coordination entre les acteurs intervenant dans la défense des droits des peuples autochtones, afin de faciliter leur accès aux services de base.
Elle demande enfin de renforcer la sensibilisation contre la discrimination et la stigmatisation.
« Il faut sensibiliser les populations sur la non-discrimination, la non-stigmatisation et les discours stéréotypés à l’égard des peuples autochtones », recommande Guershom Achu-Ukani.
Pour WAP-WORLD, l’enjeu est désormais de garantir que les droits reconnus par la législation congolaise soient effectivement vécus par les communautés autochtones, particulièrement dans les zones affectées par l’insécurité.
