L’observation exceptionnelle d’un léopard dans la localité de Chondo, au sein du secteur central du Parc national des Virunga, est perçue comme un signe encourageant pour la conservation de la biodiversité en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée le 21 août 2026, le Réseau Groupe d’Appui à la Traçabilité et à la Transparence dans la gestion des Ressources Naturelles (GATT-RN) s’est réjoui de cette découverte rapportée par les équipes du Parc national des Virunga.
Pour cette organisation, la présence de ce grand félin constitue bien plus qu’une simple observation de la faune sauvage. Elle témoigne, selon elle, de l’importance de préserver les habitats naturels, les chaînes alimentaires et les corridors écologiques indispensables à la survie des espèces.
Le GATT-RN rappelle que le Parc national des Virunga figure parmi les écosystèmes les plus riches d’Afrique. Il abrite notamment une importante diversité de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de primates.
Une observation dans un contexte difficile
Cette apparition intervient cependant dans un contexte particulièrement préoccupant pour la conservation dans le Nord-Kivu. Le réseau cite notamment l’insécurité, les conflits armés, le braconnage, la déforestation, l’exploitation illégale des ressources naturelles et la pression exercée sur les habitats parmi les principales menaces qui pèsent sur l’intégrité du parc.
Le GATT-RN estime ainsi que l’observation du léopard à Chondo doit être considérée à la fois comme un motif d’espoir et comme un appel à la responsabilité collective.
L’organisation appelle notamment à ne pas réduire cette découverte à une simple image destinée aux réseaux sociaux, estimant que la localisation précise des espèces vulnérables pourrait, dans certains cas, favoriser leur traque ou le braconnage.
Le réseau salue par ailleurs le travail des écogardes, des pisteurs communautaires, des équipes scientifiques, des autorités chargées de la conservation ainsi que des communautés riveraines qui participent à la protection du patrimoine naturel dans des conditions difficiles.
La sécurité, une condition de la conservation
Pour le GATT-RN, la conservation durable de la biodiversité reste étroitement liée à la sécurité, à l’État de droit et à une gouvernance responsable des ressources naturelles.
L’organisation estime que la protection des espèces sauvages ne peut être pleinement assurée lorsque les agents de conservation travaillent dans des zones affectées par les conflits et que les activités illégales continuent de dégrader les habitats.
Elle appelle donc à intégrer la protection de la biodiversité dans les efforts de consolidation de la paix et de gouvernance des ressources naturelles au Nord-Kivu.
Huit recommandations
Face à ces enjeux, le GATT-RN formule huit recommandations à l’endroit des différents acteurs. Il demande notamment au gouvernement congolais de renforcer la sécurisation des aires protégées et de permettre aux institutions compétentes d’exercer pleinement leur mandat.
Les autorités provinciales et locales sont appelées à renforcer leur collaboration avec les communautés riveraines afin de lutter contre le braconnage, la déforestation et l’exploitation illégale des ressources.
Le réseau encourage également l’ICCN et les gestionnaires du parc à renforcer le suivi scientifique de la faune sauvage, tandis que les partenaires techniques et financiers sont invités à accroître leur appui aux programmes de conservation communautaire, de surveillance écologique et de restauration des habitats.
Le GATT-RN appelle enfin les médias, les organisations de la société civile et les acteurs communautaires à promouvoir une information responsable sur la biodiversité, tout en exhortant les autorités et la communauté internationale à renforcer la lutte contre le trafic des espèces sauvages et la protection du Parc national des Virunga.
Pour le réseau, le léopard observé à Chondo constitue finalement un symbole de résilience de la nature dans un environnement marqué par de nombreuses épreuves.
« Le léopard de Chondo ne doit donc pas seulement être admiré. Il doit nous mobiliser », souligne le GATT-RN, qui réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de la bonne gouvernance des ressources naturelles, de la protection de la biodiversité et de la participation des communautés locales à la gestion durable de leur environnement.
