17 août 2026
Av P.E. Lumumba
Société

Sud-Kivu : l’IPDHOR dénonce l’arrestation et le transfert à Uvira de six acteurs de la société civile

L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion (IPDHOR) dénonce l’arrestation de six acteurs de la société civile à Baraka, dans la province du Sud-Kivu, ainsi que leur transfert vers Uvira.

Dans un communiqué publié le 16 août 2026, l’organisation se dit « profondément préoccupée » par cette situation. Parmi les personnes concernées figurent notamment Etunda Maisha Albert, président de la Société civile de Baraka, Mukindula Ally Le Bon, vice-président de la FEC/Baraka, et Shabani Denis, superviseur d’ASONAMOC.

Selon les informations rapportées par Actualite.cd, ces acteurs se seraient rendus à Katanga, dans le territoire de Fizi, afin d’échanger avec le commandement des FARDC au sujet des barrières installées dans cette zone et d’un prélèvement de 5 000 francs congolais exigé aux motocyclistes dans le cadre d’une opération localement appelée « bouclage ».

« Les mêmes informations font état de leur transfert nocturne vers Uvira », peut-on lire dans le communiqué de l’IPDHOR.

L’organisation estime que cette arrestation soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect de l’espace civique, de la liberté d’expression et du droit des citoyens à participer pacifiquement à la gestion des affaires de leur communauté.

« Les acteurs de la société civile ne devraient pas être inquiétés, arrêtés ou privés de leur liberté pour avoir exprimé des préoccupations légitimes concernant les tracasseries, les barrières ou les conditions de circulation de la population », affirme l’IPDHOR.

Face à cette situation, l’organisation demande aux autorités compétentes de « faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces arrestations, leur base légale ainsi que les conditions dans lesquelles les personnes concernées ont été transférées à Uvira ».

L’IPDHOR exige également que les droits fondamentaux des personnes arrêtées soient garantis, notamment leur sécurité, leur intégrité physique et morale, leur droit à l’assistance juridique ainsi qu’à une procédure régulière.

« L’IPDHOR appelle, en outre, les autorités provinciales et sécuritaires à privilégier le dialogue avec les représentants de la société civile », peut-on encore lire dans le communiqué.

L’organisation réclame par ailleurs la « libération immédiate et sans condition des six acteurs », à défaut de charges légalement établies contre eux. Elle demande, au cas où une procédure judiciaire serait engagée, que celle-ci soit menée conformément aux principes de l’État de droit.

Enfin, l’IPDHOR alerte sur « la multiplication des barrières, des tracasseries et des pratiques susceptibles d’affecter les droits et libertés des populations » dans certaines zones du Sud-Kivu.

L’organisation appelle ainsi à une clarification institutionnelle des opérations de contrôle et de perception aux barrières afin de prévenir les prélèvements illégaux et les abus à l’encontre des populations civiles.

« L’IPDHOR réaffirme son engagement en faveur de la protection des défenseurs des droits humains, de la liberté d’expression, de la participation citoyenne et de la consolidation d’un État de droit en République démocratique du Congo », conclut le communiqué.

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