30 juillet 2026
Av P.E. Lumumba
Sécurité

Les FDLR signent un protocole de désarmement : Kinshasa y voit une avancée majeure vers la paix

Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme avoir franchi une étape importante dans la mise en œuvre de ses engagements en faveur de la paix. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont signé un protocole portant sur leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement, a annoncé mardi 28 juillet à Kinshasa le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, lors d’un briefing de presse.

Selon les autorités congolaises, cet accord s’inscrit dans les efforts visant à lever les arguments avancés par Kigali pour justifier la présence de ses troupes dans l’est de la RDC.

Les FDLR acceptent le processus de démobilisation

Floribert Anzuluni a indiqué que les FDLR se sont engagées, dans une première phase, à intégrer un processus de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement. Cet engagement est toutefois assorti de garanties jugées indispensables par le mouvement armé.

La principale exigence porte sur la mise en place de camps de cantonnement suffisamment sécurisés et viables pour accueillir les combattants démobilisés. Selon le ministre, les dirigeants des FDLR estiment que les précédentes tentatives de désarmement ont échoué en raison de l’insécurité qui régnait autour des sites de regroupement.

« Les FDLR se sont engagées d’abord, dans une première phase, à accepter une démilitarisation, une démobilisation suivie d’un cantonnement. La première condition est que cette démobilisation et ce cantonnement se fassent dans des camps suffisamment sécurisés. Ensuite, il faut des camps sécurisés et viables », a déclaré Floribert Anzuluni.

Un retour au Rwanda uniquement sur une base volontaire

La seconde condition formulée par les FDLR concerne le rapatriement de leurs combattants au Rwanda. Le mouvement insiste pour que tout retour s’effectue sur une base strictement volontaire.

Le gouvernement congolais affirme avoir accepté ce principe, excluant tout rapatriement forcé dans le cadre du processus.

« Les démobilisés ne seront pas retournés de force au Rwanda. Le retour doit être volontaire. Nous avons estimé que ces deux conditions étaient globalement acceptables », a précisé le ministre.

Vers la dissolution définitive des FDLR

Au-delà du désarmement et du cantonnement, Floribert Anzuluni a annoncé que les FDLR se sont également engagées à dissoudre définitivement leur mouvement lors d’une seconde phase du processus.

Pour Kinshasa, cette évolution représente un élément essentiel des engagements pris dans le cadre des initiatives régionales et internationales de paix, notamment celles soutenues par les États-Unis. Le gouvernement estime que la neutralisation des FDLR pourrait priver Kigali de l’un des principaux arguments invoqués pour maintenir des troupes sur le territoire congolais.

Les autorités espèrent que la mise en œuvre effective de ce protocole favorisera un retrait des forces rwandaises de la RDC, contribuera à la réduction des tensions sécuritaires et renforcera les efforts de stabilisation dans l’est du pays.

Une opération relancée après plusieurs mois de blocage

L’opération de neutralisation et de rapatriement des combattants des FDLR avait été lancée le 30 mars à Kisangani par les Forces armées de la RDC. Depuis son lancement, aucune avancée majeure n’avait été enregistrée.

L’annonce de la signature de ce protocole constitue ainsi, selon le gouvernement congolais, une première avancée significative dans ce processus de désarmement et de paix.

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