Le groupe culturel Obuguma bwa’Bahavu, figure emblématique de la musique traditionnelle havu à Minova, signe son retour avec « Njala Inaluma » (« La faim fait mal »), premier extrait de son prochain album Rhuhuguke Vol. 2. À travers cette chanson, ces femmes aînées, connues sous le nom de Mbuguma, prêtent leur voix aux populations durement éprouvées par les conflits qui secouent l’est de la République démocratique du Congo.
Fidèle à sa vocation éducative et culturelle, le collectif utilise la musique pour interpeller la société sur les conséquences de l’insécurité, notamment la faim, la précarité et les souffrances vécues au quotidien par de nombreuses familles. Le titre est à la fois un témoignage, un cri d’alarme et un appel à la solidarité.
Fondé il y a une dizaine d’années, Obuguma bwa’Bahavu s’est imposé comme un acteur incontournable de la promotion de la culture havu. Son premier album, Rhuhuguke (« Prenons conscience »), avait déjà marqué les esprits grâce à ses messages en faveur de la paix, du vivre-ensemble et de la sauvegarde des valeurs traditionnelles.
Le groupe bénéficie de l’accompagnement de Justin Muhima Justaz, artiste et producteur de Minova, qui s’emploie à faire rayonner le talent de ces femmes bien au-delà de leur communauté.
Pour Luhinzo M’Kayumbu, présidente du groupe et affectueusement surnommée « Zuchu », cette nouvelle chanson traduit également la réalité que vivent les membres d’Obuguma bwa’Bahavu. Malgré leur contribution à la préservation du patrimoine culturel, elles font face à d’importantes difficultés et lancent un appel au soutien des autorités coutumières, des notables et des personnes de bonne volonté afin de poursuivre leur mission.
À travers « Njala Inaluma », Obuguma bwa’Bahavu démontre une fois de plus que la musique traditionnelle peut être un puissant moyen de sensibilisation, de transmission des valeurs et de plaidoyer en faveur des communautés affectées par les crises.
Les œuvres du groupe sont désormais accessibles sur les plateformes numériques de streaming, permettant à la culture havu de continuer à rayonner auprès d’un public toujours plus large.
Faustin Balezi
