Dans le groupement de Mbinga Nord, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu), la situation des populations récemment retournées devient de plus en plus préoccupante. Entre précarité extrême, controverses autour des conditions d’accès à l’aide humanitaire et pénurie d’eau potable, les habitants de plusieurs localités tirent la sonnette d’alarme.
Selon des témoignages recueillis à Mukwija, Muganzo, Kalangala, Makengere ou encore Kiniezire, de nombreuses familles vivent dans des conditions très difficiles depuis leur retour. « Nous survivons par la grâce de Dieu », confie un habitant, évoquant les difficultés d’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins médicaux et aux moyens financiers.
Mais au-delà de cette précarité, des voix s’élèvent pour dénoncer certaines pratiques jugées « humiliantes » dans le processus d’assistance humanitaire. La Nouvelle Société Civile locale accuse certains agents d’ONG d’imposer des conditions intrusives aux bénéficiaires potentiels. Parmi les faits dénoncés, des inspections domiciliaires poussées, allant jusqu’à vérifier les matelas ou les conditions d’habitat.
« Avoir une maison en tôle ou quelques biens ne devrait pas exclure quelqu’un de l’aide », déplore Benjamin Mungazi, un acteur de la société civile. Selon lui, ces critères d’éligibilité excluent injustement des ménages pourtant vulnérables, notamment des locataires ou des familles tentant de reconstruire leur vie après le déplacement.
La structure citoyenne appelle ainsi les autorités provinciales et nationales, ainsi que les organisations humanitaires, à revoir leurs mécanismes d’intervention afin de garantir une assistance inclusive, équitable et respectueuse de la dignité humaine.
Parallèlement, une autre urgence majeure frappe la zone : la pénurie d’eau potable. Dans le village de Mukwija, plus de 50 robinets sont actuellement hors service, aggravant la situation sanitaire des habitants. Les avenues Kamerhogosa 1 et 2 ainsi que l’avenue du Lac sont particulièrement touchées.
Le problème s’étend également à d’autres villages comme Kalangala, Mulolo et Kaloba, où l’accès à l’eau potable devient un véritable parcours du combattant. Une situation qui expose la population à des maladies hydriques, notamment chez les enfants.
Face à cette crise, la Nouvelle Société Civile congolaise de Mbinga-Nord appelle à une mobilisation urgente des autorités sanitaires, notamment la zone de santé de Minova, ainsi que des partenaires humanitaires. Elle plaide pour la réhabilitation des infrastructures hydrauliques existantes et la construction de nouveaux points d’eau.
Les populations concernées, en attendant une réponse continuent de survivre dans des conditions précaires, espérant une intervention rapide. « L’eau, c’est la vie », rappellent les habitants, pour souligner l’urgence d’agir.
La rédaction
