2 mars 2026
Av P.E. Lumumba
Actualités

Uvira : 151 civils retrouvés dans deux fosses communes, le Sud-Kivu accuse l’AFC/M23

Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu a rendu public, le 28 février 2026, un communiqué alarmant annonçant la découverte de deux fosses communes dans la ville d’Uvira. Selon les autorités provinciales, plus de 150 civils auraient été exécutés par les rebelles de l’AFC/M23, avec le soutien présumé de l’armée rwandaise.

D’après le communiqué officiel, la macabre découverte est intervenue le 27 février 2026. Sur instruction du gouverneur Jean-Jacques Purusi, les services compétents ont procédé aux premières vérifications sur les sites concernés. « Les équipes déployées ont dénombré 151 victimes civiles, réparties sur deux emplacements distincts », précise le document.

Les autorités indiquent que 121 corps ont été retrouvés au cimetière de Kavinvira, tandis que 30 autres ont été découverts dans un enclos du quartier Kilomoni. Selon la version officielle, ces exécutions auraient été perpétrées le 18 janvier 2026, peu avant le retrait forcé des troupes de l’AFC/M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF) de la zone.

Le gouvernement provincial qualifie les faits avec gravité. « Ces actes constituent des crimes de guerre au sens de l’article 8 du Statut de Rome », affirme le communiqué. Les autorités ajoutent que « le caractère massif et systématique des meurtres permet également de les qualifier de crimes contre l’humanité au sens de l’article 7 ». Le texte évoque par ailleurs « des éléments susceptibles de relever de la qualification de génocide, au regard de la Convention de 1948, ce qui nécessite un examen approfondi ».

La responsabilité du Rwanda est explicitement évoquée. Le porte-parole du gouvernement provincial, Me Didier Kabi Luganywa-Bashizi, souligne que « le soutien opérationnel et logistique d’un État à des forces impliquées dans des crimes internationaux engage sa responsabilité internationale ». Il ajoute : « Un État ne peut se soustraire à sa responsabilité lorsque ses forces armées participent directement ou indirectement à la commission de crimes internationaux. »

Face à cette tragédie, la province du Sud-Kivu exige « l’ouverture immédiate d’enquêtes internationales indépendantes afin d’identifier et de traduire en justice les responsables ». Elle appelle également à « des sanctions ciblées contre les auteurs, les commanditaires et leurs soutiens », ainsi qu’à « l’application intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies ».

Le gouvernement provincial a exprimé « sa profonde compassion aux familles des victimes » et réaffirmé « son engagement total derrière le Président Félix-Antoine Tshisekedi pour que justice soit rendue ». Le communiqué conclut sur un avertissement solennel : « Le silence face à une telle horreur serait une forme de complicité inacceptable. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez votre humanité: 9   +   8   =