Goma, 22 mars 2026 | Une vive agitation a secoué la ville de Goma ce dimanche matin, à la suite d’une opération présentée comme une tombola lucrative, qui s’est finalement révélée être une escroquerie de grande ampleur.
Attirés par des récompenses jugées exceptionnelles notamment une somme de 10 000 dollars, des motos, des téléphones haut de gamme et des appareils électroménagers de nombreux habitants ont massivement acheté des billets fixés à 2 500 francs congolais. L’initiative avait suscité un engouement notable dans un contexte économique déjà difficile.
Selon plusieurs témoignages, une foule importante s’est rassemblée aux abords du stade principal de la ville, lieu annoncé pour le tirage. Des files d’attente impressionnantes, s’étendant sur plusieurs kilomètres, ont été observées dès les premières heures de la journée.

Cependant, à l’heure prévue, aucun organisateur n’a fait le déplacement. L’absence prolongée des responsables a rapidement fait place à la colère.
« Nous avons attendu pendant des heures avant de comprendre qu’il s’agissait d’une tromperie », confie un habitant présent sur les lieux.
Une arnaque qui choque l’opinion
Au-delà de la perte financière, cet incident suscite une indignation profonde au sein de la population. Pour beaucoup, cette affaire illustre une exploitation flagrante de la vulnérabilité des citoyens.
« Profiter de la précarité des gens pour leur soutirer de l’argent est inacceptable », dénonce un acteur local de la société civile. Plusieurs victimes affirment avoir investi leurs maigres ressources dans l’espoir d’améliorer leur quotidien.
Dans une ville confrontée à des défis économiques et sécuritaires majeurs, l’attrait d’un gain rapide a poussé de nombreux habitants à participer, souvent sans disposer d’informations fiables sur l’organisation de cette activité.
Des interrogations sur les responsabilités
L’ampleur de cette fraude soulève également des questions sur les conditions ayant permis son organisation en plein jour. Certains observateurs s’interrogent sur l’absence de contrôle ou d’intervention des autorités compétentes.
Dans un contexte marqué par la présence du Mouvement du 23 mars (AFC/M23) dans certaines zones, des soupçons et spéculations circulent quant à d’éventuelles complicités ou négligences.
À ce stade, aucune preuve formelle ne permet toutefois d’étayer ces allégations.
Des précédents systèmes frauduleux signalés dans la région renforcent la méfiance de la population, déjà éprouvée par des années d’instabilité.
Une population désabusée
Dans plusieurs quartiers de Goma, l’affaire alimente un sentiment de frustration généralisée. « Ici, les opportunités sont rares. Quand une occasion se présente, même risquée, beaucoup tentent leur chance », explique un jeune résident.
Pour de nombreux habitants, cet épisode met en lumière les réalités d’un quotidien marqué par l’incertitude, où l’espoir d’un mieux-être peut facilement être exploité par des individus mal intentionnés.
Appel à des actions concrètes
Face à la gravité des faits, des voix s’élèvent pour exiger l’ouverture d’enquêtes afin d’identifier les auteurs de cette escroquerie et d’obtenir réparation pour les victimes.
Les acteurs communautaires plaident également pour un renforcement des mécanismes de contrôle et de sensibilisation, afin de prévenir ce type de fraude à l’avenir.
En attendant des réponses concrètes, cette affaire laisse derrière elle un profond sentiment d’amertume au sein de la population, et rappelle l’urgence de protéger les citoyens contre les abus dans un contexte déjà fragile.
La rédaction
