6 février 2026
Av P.E. Lumumba
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Depuis sa détention, Constant Mutamba appelle à la résistance pacifique et pose ses conditions pour un dialogue politique en RDC

Détenu depuis plus de cinq mois, l’opposant congolais Constant Mutamba a adressé une lettre ouverte aux peuples congolais et africains dans laquelle il réaffirme son engagement politique, dénonce ce qu’il qualifie d’« injustice » à son encontre et fixe les conditions d’un éventuel dialogue politique en République démocratique du Congo.

Dans ce message daté du 5 février 2026, Constant Mutamba indique totaliser 154 jours de détention, qu’il attribue à son refus de « se soumettre au système mafieux » et à sa dénonciation de « l’agression rwandaise » dont la RDC serait victime. Il remercie ses soutiens pour leur fidélité malgré, selon lui, les intimidations, menaces et tentatives de manipulation.

L’opposant salue également l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, qu’il qualifie d’icône mondiale du reggae et du panafricanisme, pour sa chanson « Mutamba, tu nous rappelles Lumumba ». Pour Constant Mutamba, cette œuvre est la preuve que sa lutte a dépassé les frontières nationales et culturelles, renforçant ainsi l’obligation morale de la poursuivre « jusqu’au triomphe de la justice, de la liberté et de l’égalité ».

Des préalables clairs pour un dialogue politique
Abordant la question d’un éventuel dialogue politique, Constant Mutamba, en tant que chef de file de l’opposition républicaine congolaise, pose plusieurs préalables non négociables. Il exige notamment :
– des mesures sérieuses de décrispation politique en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés victimes, selon lui, d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes ;
– des garanties de sécurité et de confiance pour permettre le retour des opposants vivant à l’étranger ;
– des assurances de sincérité et de bonne foi de la part des autorités.

Il insiste par ailleurs sur le fait que ce dialogue ne doit en aucun cas servir de cadre de partage du pouvoir, ni de « blanchisserie politique » pour ceux qu’il accuse de trahison et de collusion avec des forces étrangères, en particulier le Rwanda.

Un plaidoyer pour la lutte pacifique

Se présentant comme l’un des opposants « les plus brimés et opprimés » par le système en place, Constant Mutamba affirme avoir subi arrestations illégales, condamnations injustes, privation de droits civils et politiques, ainsi que des humiliations et des tortures morales et physiques. Il souligne toutefois être resté au pays par patriotisme, refusant l’exil ou le recours aux armes.
Il cite plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito, qu’il présente comme des exemples de lutte pacifique visant à préserver la vie des citoyens.

L’opposant appelle enfin les peuples congolais et africains à rejeter la guerre comme moyen d’accession au pouvoir, estimant que seules la paix et la stabilité peuvent garantir un développement durable.
Concluant sa lettre sur une note symbolique et spirituelle, Constant Mutamba affirme que lorsque la lutte atteint une dimension mystique, « la résistance devient spirituelle », reprenant la célèbre devise : « La patrie ou la mort, nous vaincrons. »

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