Le tribunal de grande instance de Ngozi, dans le nord du Burundi, a condamné le 13 janvier la journaliste Sandra Muhoza, collaboratrice du média en ligne La Nova Burundi, à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 francs burundais (environ 60 euros). Elle est poursuivie pour “atteinte à l’intégrité du territoire national” et “aversion raciale”.
Arrêtée le 13 avril 2024 à Ngozi pour avoir partagé sur un groupe WhatsApp de journalistes une information relative à une présumée distribution d’armes à des jeunes du parti au pouvoir, Muhoza avait déjà été condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison. La cour d’appel de Mukaza s’était toutefois déclarée incompétente, renvoyant le dossier à Ngozi, ce qui a conduit à une nouvelle procédure et à un alourdissement de la peine.
Son avocat, Rémy Nsabimana, a annoncé qu’il ferait appel, dénonçant une “mauvaise interprétation de la loi pénale” et l’absence “d’indices sérieux de culpabilité”.
Reporters sans frontières (RSF) qualifie la décision de “très sévère” et dénonce une procédure “opaque” visant à criminaliser le journalisme. L’organisation rappelle que Muhoza est la seule femme journaliste détenue arbitrairement en Afrique subsaharienne et demande sa libération immédiate.
La journaliste, transférée en septembre 2025 à la prison pour femmes de Ngozi, a vu ses quatre demandes de liberté provisoire rejetées malgré un état de santé fragile. RSF a saisi en mars 2025 la Rapporteure spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
