Une journée ville morte a été observée ce mardi 11 août 2026 dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu, ainsi qu’à Mambasa, dans la province de l’Ituri. L’action, initiée par des mouvements citoyens, des groupes de pression et des organisations de la société civile, visait à dénoncer la persistance des attaques attribuées aux rebelles des ADF et à réclamer des mesures urgentes pour protéger les populations civiles.
À Butembo, les organisateurs affirment avoir mobilisé la population autour de plusieurs revendications, notamment la libération des activistes pro-démocratie détenus à Beni et à Butembo, ainsi que le lancement d’opérations militaires contre les ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Selon Daniel Matokeo, coordonnateur du mouvement citoyen Kitemi, la population de Butembo a largement suivi le mot d’ordre.
« Nous avons décrété une ville morte à Butembo. Heureusement, la population a été attentive », explique-t-il, tout en appelant les autorités provinciales à agir face à l’insécurité persistante.
Daniel Matokeo demande notamment aux gouverneurs du Nord-Kivu et de l’Ituri de prendre des dispositions pour intensifier les opérations de traque des ADF.
« Nous demandons aux gouverneurs de l’Ituri et du Nord-Kivu de lancer les opérations de traque des ADF », insiste-t-il, dénonçant les massacres régulièrement rapportés dans plusieurs localités de ces deux provinces.
À Mambasa, la journée ville morte a également été présentée comme un moment de deuil en mémoire des victimes des attaques. Marie Noela, coordinatrice de la Société civile du Congo dans le territoire de Mambasa, évoque plusieurs dizaines de victimes dans différentes localités du groupement Bapungumu.
Elle cite notamment Banangadjite, Banangakole et Bandjisolo, où des civils auraient été tués lors de récentes attaques attribuées aux ADF.
« Nous allons pleurer nos morts. Plus d’une dizaine de morts à Banangadjite, Banangakole et Bandjisolo. Nous allons les pleurer », a déclaré Marie Noela.
Les acteurs de la société civile estiment que ces actions de mobilisation doivent attirer l’attention des autorités nationales sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs années, les territoires de Beni et de Mambasa, notamment, sont régulièrement confrontés à des attaques meurtrières attribuées aux ADF. Les organisations citoyennes appellent ainsi à renforcer la protection des civils et à intensifier les opérations sécuritaires afin de mettre fin aux violences.
Moses Mumbere depuis Bunia
