Plusieurs organisations de la société civile, des associations de femmes, des mouvements de jeunes, des syndicats ainsi que des structures communautaires ont organisé, mardi 28 juillet, une marche pacifique dans la cité de Minova, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu).
Selon les organisateurs, cette mobilisation poursuivait deux principaux objectifs : exprimer leur opposition à tout projet de changement ou de révision de la Constitution de la République démocratique du Congo et réaffirmer leur soutien à un dialogue national inclusif comme voie de résolution de la crise.
Le cortège est parti vers 8 heures du rond-point Chimanga en direction de Chungiri avant de se terminer devant l’ancien bureau de poste de Minova. Les organisateurs affirment que la population a participé massivement à cette manifestation.
Tout au long du parcours, les manifestants ont entonné des chants et scandé plusieurs slogans pour exprimer leur lassitude face à la situation sécuritaire dans l’est du pays. Parmi les messages repris figuraient notamment : « Nous sommes fatigués, tuna choka » et « Non au changement de la Constitution ». Les organisateurs estiment que toute révision constitutionnelle dans le contexte actuel pourrait accentuer les divisions du pays.
Sur les banderoles brandies par les participants, on pouvait notamment lire : « Non au changement de la Constitution » et « Non aux sanctions infligées aux responsables du mouvement AFC/M23 ».

À l’arrivée, un mémorandum a été lu publiquement. Dans cette déclaration, les signataires réaffirment leur opposition à toute révision de la Constitution, dénoncent les sanctions visant les responsables de l’AFC/M23 et plaident pour un dialogue national inclusif. Ils demandent également la levée des sanctions contre les responsables de ce mouvement, la réouverture des banques dans les zones concernées ainsi que la poursuite des efforts visant à garantir la sécurité des populations.
Le document souligne également que toute réforme constitutionnelle devrait, selon ses auteurs, tenir compte de l’ensemble des populations et des territoires du pays afin de garantir son caractère inclusif et représentatif.
Le mémorandum a été remis à Amzat Mwezi, administrateur assistant du territoire de Kalehe sous l’administration de l’AFC/M23. Celui-ci a déclaré avoir reçu les doléances de la population et s’est engagé à les transmettre aux autorités compétentes.
« Je viens de recevoir votre mémorandum. Je vais le transmettre à qui de droit », a-t-il déclaré devant les manifestants.»
Il a également salué la mobilisation de la population, estimant qu’elle traduisait un engagement en faveur des revendications portées par les différentes structures organisatrices.

Selon les organisateurs, des manifestations similaires se sont également déroulées dans les treize villages du groupement de Buzi ainsi que sur les hauts plateaux du territoire de Kalehe.
Aucune estimation indépendante du nombre de participants n’était disponible dans l’immédiat.
