L’Observatoire d’actions parlementaires et de gouvernance (OBAPG-RDC),dénonce l’interdiction d’acheminer du carburant vers les entités de Kalonge et Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), une mesure en vigueur depuis plus de deux semaines et qui, selon cette organisation, aggrave les souffrances des populations déjà affectées par les conséquences de la guerre.
Dans un communiqué, l’OBAPG qualifie cette décision des nouvelles autorités d’« injuste et inique », estimant qu’elle pénalise davantage des populations civiles qui ne sont pas responsables de la situation sécuritaire.
« Depuis plus de deux semaines, aucun commerçant n’est autorisé à acheminer du carburant vers Kalonge et Bunyakiri. Des contrôles systématiques des véhicules sont effectués à Kazingo et à Civanga, ce qui paralyse plusieurs secteurs essentiels de la vie communautaire », déplore Yoweli Nyabirungu membres de l’organisation.
L’OBAPG souligne que cette restriction a des conséquences directes sur le fonctionnement des structures sanitaires. Selon elle, plusieurs établissements de santé éprouvent d’énormes difficultés à faire fonctionner leurs équipements et à assurer certaines interventions médicales.
« Aujourd’hui, il devient difficile pour les structures sanitaires de faire fonctionner leurs appareils. Pourtant, pour réaliser une intervention chirurgicale, il faut impérativement de l’énergie. Comment en trouver sans carburant ? », s’interroge l’organisation.
Le secteur agroalimentaire n’est pas épargné. Les moulins servant à la transformation du manioc sont également à l’arrêt, entraînant une rareté de la farine et compliquant davantage l’accès à l’alimentation pour les ménages.
« Les moulins destinés à moudre le manioc sont aussi frappés par cette décision. Il devient difficile de trouver de la farine pour l’alimentation des familles », indique l’OBAPG.
L’organisation alerte également sur la hausse continue du coût du transport en commun, conséquence directe de la pénurie de carburant.
« Le prix du transport ne cesse de grimper de jour en jour, rendant les déplacements de plus en plus difficiles pour la population », ajoute-t-elle.
Face à cette situation, l’OBAPG appelle les autorités à lever cette mesure afin de préserver les vies humaines et de soulager les communautés locales.
« Nous plaidons pour l’autorisation immédiate de l’acheminement du carburant dans ces entités où les populations continuent de subir les effets de la guerre alors qu’elles n’en sont nullement responsables », conclut l’organisation.
