14 mai 2026
Av P.E. Lumumba
Politique

Nord-Kivu : Chrispin Mbindule rejette les accusations de milice et défie le gouverneur en débat public

Accusé par le gouverneur militaire du Nord-Kivu d’entretenir une milice et de troubler l’ordre public à Butembo, le député national Chrispin Mbindule a réagi jeudi à travers la presse, dénonçant une intimidation politique liée au débat sur la révision constitutionnelle en RDC.

« Je suis allé à Butembo pour sensibiliser ma base sur le changement de Constitution. Un message accueilli favorablement par la population. Un petit groupe manipulé s’est opposé à cette démarche, et c’est cela que le gouverneur appelle des troubles ou de la désobéissance civile », a déclaré Chrispin Mbindule.

Le député national élu de Butembo affirme que sa récente présence dans sa circonscription n’avait aucun caractère clandestin. Selon lui, cette mission visait exclusivement à expliquer à la population les enjeux du débat autour de la révision de la Constitution. Il soutient avoir participé à plusieurs émissions diffusées simultanément sur des radios locales afin de sensibiliser la population à cette initiative.

Pour l’élu de Butembo, les accusations relayées sur les réseaux sociaux relèvent d’une campagne de discrédit politique destinée à réduire au silence les partisans du changement constitutionnel dans l’Est de la RDC. Il estime que chaque acteur politique dispose du droit de défendre librement ses opinions dans un État démocratique.

« Lui, il est contre la révision de la Constitution, c’est son droit, mais moi aussi j’ai le droit de défendre mes idées. Au lieu d’écrire aux services de renseignements, je l’appelle à venir dans un débat public », a-t-il ajouté.

Chrispin Mbindule a également rejeté les accusations selon lesquelles il soutiendrait des groupes armés actifs dans la région de Butembo. Il explique que son appui aux militaires FARDC et aux combattants wazalendo s’inscrit dans le cadre de l’effort de guerre contre les groupes rebelles et l’agression étrangère dans l’Est du pays.

« Lorsque j’achète des vivres pour les FARDC et les wazalendo qui sont au front afin qu’ils résistent face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a insisté le parlementaire.

Au cours de son intervention, le président du groupe parlementaire “Le Peuple d’Abord” est aussi revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il a évoqué leur parcours universitaire commun ainsi que leurs divergences politiques remontant à l’époque des rébellions dans l’Est du pays.

Selon lui, le débat autour de la révision constitutionnelle doit demeurer démocratique et ne pas déboucher sur des persécutions politiques ou des règlements de comptes entre acteurs publics.
Jusqu’à présent, le gouverneur militaire du Nord-Kivu n’a pas encore réagi officiellement à ces déclarations.

Cette affaire continue néanmoins de susciter de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la RDC.

Depuis plusieurs années, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri font face à une insécurité persistante marquée par les attaques des groupes armés locaux et étrangers, notamment la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda selon Kinshasa. Cette situation a déjà provoqué des milliers de morts et le déplacement de millions de civils malgré les opérations militaires conjointes et l’appui des groupes d’autodéfense wazalendo.

Jean Claude

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