29 avril 2026
Av P.E. Lumumba
Politique

Sud-Kivu : entre appel à la stabilité institutionnelle et pression parlementaire contre le gouverneur Purusi

La situation politique au Sud-Kivu se tend autour du gouverneur Jean-Jacques Purusi, alors que s’opposent deux dynamiques : d’un côté, l’appel du gouvernement central à la stabilité des institutions provinciales, et de l’autre, la détermination d’un groupe de députés provinciaux à poursuivre une motion de censure qu’ils jugent « irréversible ».

S’exprimant sur les initiatives parlementaires visant l’exécutif provincial, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé les orientations du Président de la République en faveur de la stabilité institutionnelle, particulièrement dans les provinces confrontées à des défis sécuritaires.

Selon lui, la priorité nationale reste la restauration de la paix et le développement, ce qui exige des institutions provinciales stables et fonctionnelles.

« Le premier message du Président de la République, c’est de nous assurer que nos assemblées provinciales puissent être stables. Parce que la préoccupation principale que nous avons, qui dépasse toutes les autres préoccupations, c’est le retour de la paix, mais c’est surtout le développement », a déclaré Patrick Muyaya.

Il a toutefois précisé que le contrôle parlementaire demeure légitime, à condition qu’il ne compromette pas le fonctionnement des institutions ni n’aggrave des situations déjà fragiles.

« Ceci ne veut pas dire qu’on ne doit pas exercer un contrôle parlementaire, pour autant que cela renforce l’efficacité », a-t-il ajouté, appelant à une gestion responsable des différends politiques.

Le porte-parole du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’éviter toute escalade institutionnelle dans un contexte sécuritaire sensible, notamment dans certaines zones du Sud-Kivu.

Pendant ce temps, à Uvira, un collectif de 21 députés provinciaux a réaffirmé mardi 28 avril, la poursuite de la procédure de motion de censure contre le gouverneur Jean-Jacques Purusi. Dans une déclaration publique, ces élus affirment que la démarche reste « normale, légale et irréversible », malgré la convocation des autorités provinciales à Kinshasa par le ministère de l’Intérieur.

Selon ces parlementaires, la médiation initiée par le gouvernement central n’interrompt pas le processus engagé à l’Assemblée provinciale. Ils soutiennent que la motion doit aller jusqu’au débat et au vote en plénière.

Les députés dénoncent par ailleurs ce qu’ils qualifient de « manœuvres dilatoires » de l’exécutif provincial, qu’ils accusent de tenter d’entraver l’exercice du contrôle parlementaire. Ils appellent également le gouverneur à « tirer les conséquences de la situation » et à présenter sa démission au président de la République afin de préserver la cohésion sociale dans la province.

Cette position intervient alors que Kinshasa, à travers le ministère de l’Intérieur, a convoqué à la fois le gouverneur et les membres du bureau de l’Assemblée provinciale à des consultations à la capitale. L’objectif affiché est de désamorcer les tensions et de préserver la stabilité institutionnelle dans une province déjà confrontée à des défis sécuritaires persistants.

Entre appel à la retenue du gouvernement central et volonté de poursuite du contrôle parlementaire par les députés, le Sud-Kivu se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer institutionnel dont l’issue dépendra des négociations en cours à Kinshasa.

Jackson Maliyabwana 

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