Le territoire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu, traverse une situation particulièrement préoccupante marquée par une succession de catastrophes naturelles, d’accidents tragiques et d’affrontements armés, alerte la société civile locale.
Tout a commencé dans la soirée du 5 avril 2026, lorsqu’une catastrophe naturelle a frappé le village de Bushushu, dans le groupement de Mbinga-Sud. Le débordement des eaux de la rivière Lukungula, consécutif à de fortes pluies, a causé d’importants dégâts matériels, notamment la destruction d’une partie de la route, et entraîné la disparition de cinq personnes.
Deux jours plus tard, soit le 7 avril 2026, un nouveau drame est venu alourdir le bilan. Une pirogue motorisée dénommée Satellite Kabulu 1er a chaviré sur les eaux du lac Kivu aux environs de 15 heures. À son bord se trouvaient des passagers en provenance des localités de Makengere, Mweha, Bukanyi et Nyabibwe, qui revenaient du marché de Sakiro, dans le territoire d’Idjwi. Selon les premières informations, le naufrage serait dû à un mauvais chargement combiné à une forte vague. Le bilan fait état de 21 personnes portées disparues et 23 rescapées, tandis que tous les biens transportés ont été engloutis. Plusieurs familles endeuillées se retrouvent désormais avec des orphelins, veufs et veuves.
Parallèlement à ces drames, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée dans la zone. Après la prise de l’agglomération de Tushunguti, dans le groupement de Ziralo, par les rebelles de l’AFC-M23 dans la soirée du 7 avril, d’intenses combats ont opposé ces derniers aux groupes armés dits Wazalendo. Selon la société civile, plusieurs localités, notamment Tushunguti, Matutira, Kimole, Mutale ainsi que l’axe Butacha, sont repassées sous contrôle des Wazalendo dans la matinée du vendredi 10 avril 2026.
Cette escalade de violence a entraîné une crise humanitaire majeure. Des milliers de civils, en majorité des femmes enceintes ou allaitantes, des enfants, des personnes vivant avec handicap ainsi que des élèves, fuient leurs villages. Les populations des localités de Mianda, Charamba, Lulere, Matutira, Chimole, Chowero, Mutale, Tushunguti, Bunyangungu, Bunje, Kashebere, Bushege, Lulamba, Kasuru, Mushesha, Ruchuro, Rangira et Bundegi se déplacent vers le territoire voisin de Walikale, notamment dans le groupement de Walowa-Londa.
Ces déplacés empruntent des axes difficiles tels que Biriko, Kirambo et Lulambo, dans des conditions extrêmement précaires. En pleine saison des pluies, ils sont contraints de traverser des rivières en crue, accentuant davantage leur vulnérabilité.
Face à cette situation alarmante, la société civile appelle le gouvernement congolais et les parties en conflit, notamment l’AFC-M23, à privilégier le dialogue afin de mettre fin aux hostilités. Elle rappelle que la priorité pour les populations reste la paix et la sécurité, conditions indispensables au développement.
Elle lance également un appel urgent aux organisations humanitaires afin d’apporter une assistance immédiate à ces populations en détresse.
La rédaction
