28 mars 2026
Av P.E. Lumumba
Justice

Kinshasa : un médecin poursuivi pour violences obstétricales en pleine salle d’accouchement

L’affaire de maltraitance d’une femme en plein accouchement survenue le 26 mars à Kinshasa connaît un tournant judiciaire. Depuis le 27 mars, le Dr David Balanganayi Kayembe est poursuivi devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkolé. Il fait face à de lourdes accusations, notamment « tentative de meurtre et torture », « coups et blessures aggravés » ainsi que « atteinte à la vie privée ».

À la barre, le médecin a reconnu des méthodes jugées brutales, tout en les justifiant par l’urgence médicale. Selon lui, la patiente refusait des soins essentiels après son accouchement, notamment une suture consécutive à une épisiotomie, mettant ainsi sa vie en danger.

« J’ai fait ce qui se fait normalement : tenter d’obtenir la collaboration de l’accouchée », a-t-il déclaré, affirmant avoir voulu éviter une issue fatale.

Il admet également avoir instauré un climat de peur pour obtenir l’adhésion de la patiente :

« Une femme ne peut pas mourir en donnant la vie », a-t-il insisté, soutenant que ses actes visaient uniquement à « sauver la mère », malgré l’absence de consentement.

Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire relance le débat sur les violences gynécologiques et obstétricales en RDC. Pour Dorcas Bwalelo, représentante du Réseau des femmes leaders africaines (AWLN), ce cas illustre un problème bien plus large :

« Actes médicaux sans consentement, propos humiliants, gestes brutaux… ces pratiques restent trop souvent passées sous silence », a-t-elle dénoncé.

S’appuyant sur des données de l’OMS, elle rappelle que « une femme sur quatre subit des maltraitances lors de l’accouchement dans le monde » et plaide pour une réforme urgente :

« Garantir un accouchement digne, respectueux et sécurisé n’est pas un privilège. C’est un droit fondamental ».

Le caucus appelle ainsi à une reconnaissance claire des violences obstétricales dans la législation congolaise, afin de mieux protéger les femmes.

De son côté, la Première ministre Judith Suminwa a fermement réagi, qualifiant les faits de « profondément choquants et totalement inacceptables ». Elle a assuré qu’« une enquête est en cours », réaffirmant la volonté du gouvernement de lutter contre l’impunité dans le secteur de la santé.

La rédaction 

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