Plus de 100 personnes ont été prises en otage lors d’une attaque armée survenue samedi 14 mars 2026 à Mutchatacha, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri.
Alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) attribuent cette attaque à l’alliance CPR de Thomas Lubanga et aux Allied Democratic Forces (ADF) affiliées à l’État islamique, le député provincial élu de Mambasa, Silva Mwinda Gilbert Kasereka, affirme de son côté que les assaillants étaient bel et bien des combattants ADF.
Contacté ce dimanche 15 mars, l’élu explique que ces rebelles venaient de la région de Manguredjipa et se dirigeaient vers leur chef, Moussa Baluku.
« Ces ennemis sont des ADF venus de Manguredjipa. Ils étaient composés de femmes et d’enfants, des femmes habillées en musulmanes. Ils ont tué des civils et ont même mutilé des cadavres », a déclaré le député.
Selon lui, la situation s’est aggravée lorsque les militaires ont tenté d’intervenir. Un convoi des FARDC serait tombé dans une embuscade dans la zone de Pengue.
« Un convoi militaire qui allait intervenir est tombé dans une embuscade vers Pengue », a-t-il ajouté.
Critique de la gestion de l’information
L’honorable Kasereka estime que certaines autorités minimisent la gravité de la situation en évoquant d’autres groupes armés.
« Parler de la CPR ou de simples bandits, c’est minimiser les choses. Les autorités doivent donner de vraies informations à Kinshasa pour que la situation soit maîtrisée à temps », a-t-il dénoncé.
« Cette manière de désinformer profite à l’ennemi, et c’est la population qui paie. »
Manque d’unité face à la menace
Le député pointe également un manque de compréhension commune de la menace terroriste par certains acteurs locaux.
« C’est une guerre de terroristes. Mais les gens ne comprennent pas cette guerre au même niveau. Pendant ce temps, l’ennemi continue de gagner du terrain », a-t-il déclaré.
Il affirme néanmoins que certaines zones connaissent une accalmie, notamment dans la chefferie de Babila-Babombi, tandis que des agriculteurs commencent à retourner dans leurs champs dans la chefferie de Bakwanza.
« L’ennemi se cache actuellement dans les Walese-Kese, là où se trouverait leur chef », a-t-il précisé.
Appel à la confiance et à la vigilance
Face à cette situation sécuritaire tendue, l’élu appelle la population à faire confiance aux autorités et exhorte les leaders communautaires à éviter les spéculations.
« Que la population garde confiance aux autorités. J’appelle aussi les leaders de la société civile à s’informer avant de diffuser des messages sur les réseaux sociaux. Il faut comprendre les mobiles et le mode opératoire de l’ennemi », a-t-il insisté.
La localité de Mutchatacha reste sous tension après ces affrontements entre les FARDC et les groupes armés. Le bilan provisoire fait état de plus de 100 civils pris en otage lors de cette attaque.
- Moses Mumbere
