7 mars 2026
Av P.E. Lumumba
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Masisi : suspension des activités minières après l’eboulement meurtrier qui a fait près de 200 victimes dans le site minier de Gasaza

Deux jours après le tragique éboulement enregistré sur le site minier de Gasaza, à Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), les chances de retrouver des personnes encore en vie sont désormais quasi nulles. Les équipes mobilisées sur place se consacrent actuellement à la récupération des corps, tandis que le bilan provisoire, encore incertain, avoisinerait les deux cents victimes.

Situé à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, le centre de Rubaya vit depuis dans une atmosphère de deuil. Ce jeudi 5 mars, plusieurs habitants affirment avoir vu défiler de nombreux corps sans vie durant toute la journée. Certains étaient transportés depuis la colline de Gasasa à bord de motos.

Le nombre exact de victimes reste toutefois compliqué à déterminer pour les autorités locales. Outre les creuseurs artisanaux surpris dans les galeries souterraines au moment de l’effondrement, plusieurs petits commerçants présents sur le site ont également perdu la vie. Ces derniers vendaient notamment de la nourriture et divers produits aux mineurs.

Arrêt temporaire des activités minières

À la suite de cette catastrophe, les autorités locales ont décidé de suspendre provisoirement toutes les activités d’extraction sur le site de Gasaza. Une décision saluée par la société civile locale, même si certains acteurs redoutent une reprise rapide des travaux.

« La décision est salutaire, mais nous doutons qu’elle soit respectée longtemps. Gasasa reste l’un des sites miniers les plus fréquentés de Rubaya, alors même que le terrain est marécageux et très instable », a indiqué un leader local contacté par nos confrères de Radio Okapi.

Un danger permanent dans les mines artisanales

Dans la cité minière de Rubaya, l’émotion provoquée par ce drame relance le débat sur la sécurité dans les exploitations artisanales. Pour de nombreux habitants, descendre dans ces galeries souterraines revient à s’exposer chaque jour à un risque mortel.

Cependant, faute d’alternatives économiques, de nombreux jeunes et chefs de famille continuent de se tourner vers l’exploitation minière artisanale pour subvenir aux besoins de leurs ménages, malgré les dangers liés à l’instabilité du sol.

Ce nouveau drame illustre une fois de plus la précarité et les risques qui entourent l’exploitation minière artisanale dans l’Est de la RDC, où la recherche de moyens de subsistance expose quotidiennement des milliers de personnes à des dangers extrêmes.

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