3 mars 2026
Av P.E. Lumumba
Actualités

RDC : des experts onusiens dénoncent les violences graves attribuées au M23 contre des défenseurs des droits humains

Des experts des Nations Unies ont exprimé leur vive préoccupation face aux violences extrêmes visant des défenseurs des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo, actes attribués au groupe armé Mouvement du 23 mars (M23).

Selon ces experts, la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est particulièrement alarmante. Ils évoquent des informations faisant état de tentatives d’assassinat, d’enlèvements à répétition, d’actes de torture, de violences sexuelles ainsi que de menaces de mort dirigées contre des personnes engagées dans la documentation des violations et la défense pacifique des droits fondamentaux.

Entre novembre 2025 et février 2026, plusieurs militants auraient été directement ciblés en raison de leur engagement. Dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, deux femmes mobilisées contre les expulsions forcées de civils auraient été kidnappées puis torturées. À ce jour, elles demeurent introuvables. Une autre activiste engagée pour la défense des droits des personnes LGBT aurait subi plusieurs enlèvements et de graves sévices, tout en restant activement recherchée.

D’autres cas font également état de menaces directes. Un défenseur aurait été contraint de se cacher après avoir reçu des menaces de mort. Des hommes armés auraient attaqué son domicile et agressé son épouse afin d’obtenir des informations sur sa localisation. À Goma, un jeune militant aurait lui aussi dû entrer dans la clandestinité après la publication d’articles dénonçant des massacres de civils dans des zones sous contrôle du M23.

Les experts soulignent que les défenseurs des droits humains dans les Kivu font face à des risques considérables. Les femmes engagées dans ce combat ainsi que les militants œuvrant pour les droits des personnes LGBT seraient particulièrement exposés aux violences sexuelles et aux traitements inhumains.

Ils appellent le M23 à cesser immédiatement toute intimidation et toute attaque contre les civils et les acteurs de la société civile, rappelant que le respect du cessez-le-feu doit être effectif et ne saurait être compromis par des actes de persécution.

Les experts rappellent par ailleurs que, même lorsque des violations sont commises par des groupes armés non étatiques, l’État demeure tenu, en vertu du droit international des droits de l’homme, d’assurer la protection des personnes placées sous sa juridiction. Ils exhortent ainsi les autorités congolaises à diligenter des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales, à garantir une prise en charge médicale et psychosociale adéquate des victimes, et à mettre en place des mesures concrètes pour permettre aux défenseurs des droits humains de poursuivre leur travail en toute sécurité.

« Les défenseurs des droits humains ne sont ni des ennemis ni des combattants. Ils jouent un rôle essentiel dans la promotion de la justice, de la responsabilité et de la paix », rappellent-ils, avertissant que leur réduction au silence compromet sérieusement les perspectives d’une paix durable dans l’est du pays.

Les experts indiquent être en échange avec le Gouvernement congolais au sujet de ces allégations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez votre humanité: 0   +   3   =