26 janvier 2026
Av P.E. Lumumba
Éducation

Éducation à Kalehe : des milliers d’élèves étudient dans des conditions sanitaires alarmantes

Les écoles primaires et secondaires situées dans les aires de santé de Bujuki, Chigera et Lushebere, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), fonctionnent dans des conditions sanitaires jugées alarmantes. Ces établissements ne disposent ni de latrines hygiéniques, ni de dispositifs de lavage des mains, alors qu’ils accueillent un grand nombre d’élèves.

Parmi les écoles concernées figurent l’École primaire Chigera, l’EP Bujuki, l’EP Musumba, l’EP Biragorago, l’EP Nyabirehe, ainsi que l’Institut Ngokwe et l’Institut Golgotha.

Des salles de classe détruites, des élèves déplacés

L’Institut Golgotha a été particulièrement affecté par un vent violent survenu au mois de décembre, qui a emporté la toiture de six salles de classe. Depuis cet incident, les élèves suivent les cours dans un hangar et dans une église, faute d’infrastructures scolaires adéquates.

« Les enfants étudient dans des conditions qui ne respectent aucune norme scolaire ni sanitaire. C’est une situation humiliante et dangereuse pour leur santé », déplore un enseignant de la zone.

Des enseignants sans formation depuis plus de cinq ans

Face à cette situation, l’Alliance pour l’universalité des droits fondamentaux (AUDF), ONG membre de la société civile et du Réseau de protection en RDC, exprime sa vive inquiétude quant à la précarité des conditions d’enseignement.

Selon plusieurs enseignants interrogés, ils n’ont bénéficié d’aucune formation depuis plus de cinq ans, manquent de matériels didactiques et ne disposent pas d’un programme national d’appui pour encadrer efficacement les enfants.

« Nous travaillons sans formation continue, sans manuels suffisants et sans accompagnement pédagogique. Les enfants sont pratiquement abandonnés à leur triste sort », confie un directeur d’école.

La pauvreté freine la gratuité de l’enseignement

Malgré la gratuité de l’enseignement primaire, de nombreux enfants restent à la maison, faute d’uniformes, de souliers et de fournitures scolaires. Leurs parents, appauvris par la guerre, sont retournés dans leurs villages après avoir perdu la quasi-totalité de leurs biens, pillés ou volés pendant le conflit.

« Nos enfants n’ont jamais reçu de kits scolaires depuis plusieurs années. Nous n’avons plus les moyens de les envoyer à l’école », témoigne un parent à Lushebere.

Une violation grave des droits de l’enfant

L’AUDF lance un appel urgent aux partenaires du secteur éducatif et humanitaire. L’organisation estime que l’absence de latrines scolaires constitue une violation grave des droits fondamentaux des enfants, exposés à des maladies et à l’abandon scolaire.

Elle souligne également la situation préoccupante des filles élèves, privées de kits de dignité et de moyens d’hygiène menstruelle, un facteur majeur de décrochage scolaire.

« Sans latrines ni hygiène menstruelle, les filles sont contraintes de s’absenter ou d’abandonner l’école. C’est une atteinte directe à leur droit à l’éducation », alerte l’AUDF.

L’organisation appelle ainsi à une intervention urgente pour la construction de latrines scolaires, l’appui en kits scolaires et la réhabilitation des infrastructures endommagées, afin de garantir un environnement d’apprentissage sain, digne et protecteur pour les enfants de Kalehe.

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