Le président sortant de l’Ouganda, Yoweri Museveni, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle organisée jeudi, prolongeant ainsi son règne à la tête du pays pour un septième mandat consécutif. Selon la Commission électorale, il a remporté le scrutin avec 72 % des suffrages, contre 25 % pour son principal rival, l’opposant Bobi Wine.
Cette annonce intervient dans un contexte de vives contestations. Bobi Wine, figure majeure de l’opposition et ancien artiste musicien, a rejeté les résultats, dénonçant des fraudes électorales et un bourrage des urnes. Il a appelé la population à des manifestations pacifiques pour contester le scrutin.
Le processus électoral a été marqué par des violences meurtrières. L’opposition fait état d’au moins 21 morts, tandis que les autorités reconnaissent sept décès. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un climat d’intimidation et de répression.
Autre point de tension : la coupure totale d’Internet imposée depuis mardi par le gouvernement. Les autorités justifient cette décision par la nécessité de prévenir la désinformation et les troubles à l’ordre public. Une mesure vivement critiquée par les Nations unies et la communauté internationale.
Des informations contradictoires ont également circulé sur une possible assignation à résidence ou tentative d’arrestation de Bobi Wine, ce que la police dément, évoquant toutefois des restrictions de sécurité autour de son domicile.
Arrivé au pouvoir en 1986, Yoweri Museveni, aujourd’hui âgé de 81 ans, dirige l’Ouganda depuis près de quarante ans, un record sur le continent africain. Sa nouvelle victoire électorale relance le débat sur la longévité au pouvoir et la vitalité démocratique du pays.
