L’organisation Parenariat pour la Protection Intégrée (PPI), organisation œuvrant pour la promotion de la paix et la défense des droits humains, a dénoncé ce lundi 29 décembre avec « grande indignation » l’enlèvement du journaliste Honneur-David Safari, rédacteur en chef du groupe de presse La Prunelle RDC.
Safari a été enlevé le dimanche 28 décembre 2025, aux environs de 18h30, dans la ville de Bukavu, à l’Est de la République Démocratique du Congo. Depuis, il demeure introuvable. Sa famille est sans nouvelles malgré les recherches entreprises.
Selon PPI, le journaliste serait détenu par le mouvement armé AFC/M23, qui occupe actuellement Bukavu, dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignement rebaptisée « Division des Services et du Renseignement (DSR) ».
Un journaliste ciblé pour son indépendance
D’après les informations recoupées par PPI, Safari aurait été pris pour cible en raison de son travail d’information indépendant. Il lui est reproché : – d’avoir « terni l’image de l’AFC/M23 » par des critiques jugées acerbes, et d’être proche du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix ;
– d’avoir donné la parole aux populations dénonçant les marches forcées de soutien imposées par le mouvement à Goma, Bukavu et Uvira ;
– d’avoir révélé le « retrait de façade » des éléments de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira.
« Honneur-David Safari n’a commis aucun crime. Son seul tort est d’avoir exercé son métier de journaliste avec indépendance et courage », a déclaré dans un communiqué Jonathan Magoma, directeur exécutif du PPI .
Une série noire contre la presse à Bukavu
La disparition de Safari s’ajoute à une série d’attaques contre la liberté de la presse dans la région. Le 15 avril 2025, le journaliste Amisi Musada du site Debout RDC avait été enlevé et torturé par des inconnus. Le 4 août dernier, Fiston Wilondjwa, du Central de Monitoring des Médias, a été assassiné à Bukavu, un crime attribué à des présumés membres de l’AFC/M23.
« Ces actes constituent une stratégie visant à réduire la presse au silence dans les zones occupées par le M23 », a dénoncé PPI, rappelant que « les autorités de fait ont le devoir d’assurer la protection des défenseurs des droits humains et des journalistes en tout temps ».
Appel à la libération immédiate
Le PPI exige la libération immédiate et sans condition de Safari. « L’activisme et le journalisme ne sont pas des crimes », insiste l’organisation, qui appelle la communauté nationale et internationale à se mobiliser pour la sécurité des journalistes dans l’Est de la RDC.
